Un travail de qualité : Règle 2 des Règles de déontologie de l’ICA

Les actuaires travaillent au carrefour du risque, de la vision à long terme et des décisions concrètes. Notre travail influence la sécurité financière, la pérennité des prestations et des pensions, la solvabilité des assureurs et la résilience des programmes et des systèmes essentiels dont dépend la population canadienne. Le public ne voit pas toujours les particularités du travail actuariel, mais il en ressent les effets.

C’est la raison d’être des Règles de déontologie. Elles garantissent, en particulier aux personnes qui dépendent du travail actuariel, mais qui ne peuvent pas l’évaluer de manière indépendante, que nos conseils sont fondés sur des normes d’intégrité, de compétence et de responsabilité et que nous servons l’intérêt public.

La Règle 1 nous rappelle que l’intégrité est fondamentale. Mais le professionnalisme ne repose pas uniquement sur des valeurs. La compétence, démontrée invariablement au fil du temps, est tout aussi essentielle. La population fait confiance aux actuaires parce qu’elle estime que leur travail est non seulement éthique, mais aussi fiable, objectif, conforme aux tendances modernes, et défendable.

La Règle 2 répond directement à cette attente. Elle est étroitement liée à la qualité des services professionnels qu’offrent les actuaires.

L’intégrité professionnelle inspire confiance. La compétence professionnelle la nourrit.

La Règle 2 en action

Règle 2 :

« Le membre ne rend des services professionnels que s’il est qualifié pour le faire et qu’il satisfait aux normes de qualification professionnelle continue applicables. »

Elle pourrait être interprétée comme une procédure ou une exigence en matière de conformité, mais en réalité, son objectif est plus large.

La Règle 2 ne vise pas à imposer des limites ou à créer des obstacles, mais plutôt à protéger notre réputation en tant qu’actuaires et, plus important encore, à protéger les consommateurs, notamment les clients, les employeurs, les organismes de réglementation et, au bout du compte, le public. Dans bien des cas, les non-actuaires peuvent ne pas être en mesure d’évaluer de manière indépendante la qualité technique d’un produit actuariel. Ils s’appuient sur nos normes professionnelles pour leur donner cette confiance.

La Règle 2 reflète également un aspect important de la profession : la compétence n’est pas l’affaire d’un seul instant. Elle est permanente. Nos domaines évoluent, nos méthodes s’améliorent, et de nouveaux risques font surface. Le travail évolue et nos capacités doivent faire de même. J’estime que cette règle nous pousse à gagner et à regagner continuellement le droit à la confiance.

C’est là l’une des principales différences entre les Règles 1 et 2 : la Règle 1 régit l’intégrité et la conduite de manière générale, et la Règle 2 permet de déterminer si le travail lui-même est réalisé par une personne qui est adéquatement préparée à le faire.

La Règle 2 dans la pratique

Dans la pratique, la Règle 2 demande aux membres d’adopter une vision réfléchie et sincère de leur compétence et de reconnaître que la recherche de soutien pour apprendre et croître fait partie des bonnes pratiques. Vous devez accepter de fournir des services professionnels uniquement lorsque vous estimez disposer :

  • de la formation appropriée;
  • de l’expérience pertinente;
  • des connaissances nécessaires pour le faire.

Vous devez également satisfaire aux exigences applicables en matière de perfectionnement professionnel continu (PPC). Le PPC nous permet d’assurer notre efficacité dans un environnement en constante évolution et de garder intact notre jugement professionnel.

La Règle 2 nous invite également à faire preuve de discernement. Vous vivrez assurément des situations où la réponse ne sera pas tout noir ou tout blanc. La bonne réponse peut consister à demander des conseils, à collaborer, à travailler sous une supervision appropriée, ou à refuser une tâche jusqu’à ce que vous ayez les compétences nécessaires pour l’exécuter.

La situation variera considérablement selon le contexte. Dans une grande organisation, vous devrez peut-être faire appel à l’expertise interne, à une évaluation par les pairs ou à une supervision structurée. Dans une petite organisation ou une pratique autonome, vous pourriez être amené à demander des conseils externes, à collaborer avec des pairs ou encore à refuser une demande jusqu’à ce que vous ayez les capacités nécessaires pour y répondre.

La Règle 2 n’impose pas une approche unique, mais exige le même jugement fondamental : être honnêtes quant à nos capacités et agir dans l’intérêt des personnes qui comptent sur notre travail.

La Règle 2 priorise l’avenir

La profession évolue. Les actuaires travaillent dans de nouveaux domaines, occupent de nouvelles fonctions, et évoluent dans des environnements de plus en plus interdisciplinaires. Les recherches que mènent les membres ont également permis de relever des enjeux émergents susceptibles de redéfinir notre pratique, comme l’intelligence artificielle et les nouvelles formes de travail actuariel.

La Règle 2 ne freine pas l’innovation. En fait, elle contribue à la rendre possible sans ébranler la confiance. La diversification dans de nouveaux domaines est encouragée, et elle exige une formation, une supervision et une expérience appropriées.

L’innovation est à son meilleur lorsqu’elle repose sur la compétence et une rigueur appropriée.

En tant qu’actuaire en exercice, je consolide continuellement mes capacités en apprenant de mes collègues plus expérimentés et en m’appuyant sur des ressources techniques formelles comme la formation, les normes et les notes d’orientation. Cette approche est particulièrement pertinente lorsque je travaille dans des domaines qui sont nouveaux pour moi ou la profession. Cette combinaison de collaboration et d’apprentissage structuré contribue à garantir que l’innovation repose sur la compétence et que le jugement professionnel suit l’évolution de notre travail.

C’est en faisant du bon travail que nous gagnons et maintenons la confiance

Les Règles de déontologie évoluent, mais leur objectif demeure le même. Elles contribuent à garantir que la profession sert l’intérêt public et reste digne de confiance.

La Règle 2 est essentielle à cette confiance. Elle permet à la profession de rester forte aujourd’hui et protège notre capacité d’assurer notre pertinence et notre crédibilité à l’avenir.

Pour les nouveaux membres, elle garantit que la profession soutient le développement et suppose une supervision, une collaboration et un apprentissage appropriés pendant l’acquisition des compétences. Pour les membres expérimentés, elle nous rappelle que l’expertise doit être maintenue. Le maintien de nos compétences est une responsabilité, et le mentorat est l’un des moyens les plus efficaces de réitérer les capacités de la profession au fil du temps.

« La valeur de la profession se mesure à la qualité du travail qu’elle accomplit. Et cette qualité dépend de la compétence qui est nourrie, renouvelée et appliquée avec discernement. »

Les membres peuvent approfondir la Règle 2 pour mieux comprendre son importance et la façon dont elle s’applique à eux.