Ljubljana, un lieu d’échanges pour les actuaires canadiens

L’incidence de la participation des actuaires canadiens à des initiatives internationales se manifeste souvent de manière progressive. En effet, les effets s’accentuent au fil du temps.

Une grande partie de ce processus s’opère dans le contexte des discussions, des activités de groupes de travail et de la collaboration avec des pairs aux quatre coins du globe, sans que cela ait de lien direct avec les travaux actuariels courants. Cependant, avec le temps, ces travaux orientent l’évolution des normes, entraînent l’émergence de nouveaux domaines de pratique et définissent la posture générale de la profession.

L’ICA joue un rôle dans ce dialogue par l’entremise des travaux de sa Direction des affaires internationales (DAI). Nous voulons nous assurer, d’une part, que la perspective canadienne est dûment prise en compte, et d’autre part que les plus récents développements au niveau international sont portés à la connaissance des membres de l’ICA d’une manière à la fois pertinente et utile pour l’exécution de leur travail.

Récemment, trois Fellows et anciens présidents de l’ICA – Simon Curtis, Micheline Dionne et Jacques Tremblay – se sont rendus à Ljubljana, en Slovénie, pour participer à des réunions tenues par l’Association actuarielle internationale (AAI). Ces trois personnes y ont participé à titre de délégués de l’ICA, et Jacques Tremblay également à titre de membre de la DAI.

Voici certains thèmes qui ont été mis de l’avant.

L’évolution de la profession par la collaboration

L’un des points à retenir des réunions récentes est que l’exercice de la profession continue d’évoluer à l’échelle internationale.

On s’efforce de plus en plus de collaborer de manière plus efficace, ce qui requiert de mobiliser les compétences appropriées et de veiller à ce que les discussions aboutissent à des résultats tangibles. Cela peut sembler être simplement un changement d’ordre interne, mais cette façon de faire a des répercussions bien réelles sur l’aptitude des actuaires à relever les nouveaux défis et à saisir les nouvelles possibilités.

Dans l’optique du Canada, cela fait ressortir l’importance d’être en mesure d’exercer une influence. Le fait de participer à ce dialogue nous permet de façonner l’évolution de la profession, plutôt que de seulement nous adapter à cette évolution.

« De grands efforts sont déployés dans le but d’améliorer la coordination des travaux au niveau international afin qu’ils donnent lieu à des résultats plus concrets pour les principales parties prenantes. »

Jacques Tremblay, FICA

Recourir à l’intelligence artificielle dans le cadre de notre travail

L’intelligence artificielle (IA) constitue un enjeu prioritaire dans le contexte des travaux actuariels à l’échelle internationale, et la réflexion à ce sujet gagne en profondeur.

Au lieu de s’en tenir à la question de savoir si l’IA est un outil pertinent pour les actuaires, la discussion porte maintenant sur l’application des principes et des normes en vigueur dans un environnement axé sur l’IA. Cela est révélateur d’une transition vers une approche pragmatique.

« On met de plus en plus l’accent sur la façon d’appliquer les principes actuariels existants à des enjeux émergents comme l’IA, plutôt que de tout reprendre à zéro. »

Simon Curtis, FICA

Ces efforts sont étayés par des consignes, des études de cas et des cadres partagés qui aident les actuaires à bien saisir la place de l’IA dans la pratique de leur profession.

C’est le genre d’évolution que nous surveillons de près à la DAI, surtout lorsque les travaux mondiaux peuvent générer des renseignements utiles pour les membres de l’ICA.

Climat et viabilité : Élargissement de la portée des travaux actuariels

La portée et l’importance des travaux axés sur le climat continuent de croître.

On doit notamment souligner à quel point ces travaux ont pris de l’ampleur. Les discussions englobent la communication de l’information financière, les approches de modélisation et les risques émergents, entre autres les informations à fournir qui sont liées à la nature. Il faut mentionner aussi des domaines nouveaux, comme les marchés du carbone et le risque lié à l’eau.

« On en vient à distinguer davantage de perspectives où les actuaires sont en mesure de faire un apport relativement à des aspects liés au climat, comme la tarification du carbone et le risque lié à l’eau. »

Micheline Dionne, FICA

Il s’agit d’un domaine où l’on continue de définir le rôle qui incombe à la profession. Les actuaires canadiens ont la possibilité de faire un apport significatif au fil de la caractérisation de ce rôle.

Normes professionnelles – Aspects en évolution à l’échelle internationale

L’évolution en cours des normes professionnelles est un autre point qui suscite beaucoup d’intérêt.

Les travaux progressent en ce qui touche la mise à jour des Normes internationales de pratique actuarielle (NIPA), notamment la NIPA 1, dont la version définitive est presque prête à la suite des plus récentes consultations. On prévoit déjà l’examen des NIPA 2, 3 et 4, et on envisage d’examiner aussi la NIPA 5 dans le cadre de travaux de portée plus générale, pour s’assurer que toutes les normes demeurent à jour et conservent leur pertinence.

« On veille constamment à ce que les normes soient adaptées à leur objectif sous-jacent, surtout dans le contexte de l’émergence de nouveaux domaines d’intérêt, comme l’IA. »

Simon Curtis, FICA

Pour les membres de l’ICA, cette visibilité présente une importance particulière. Cela leur permet d’avoir un aperçu préliminaire de l’orientation possible des attentes internationales, et leur offre des occasions de communiquer des commentaires et de faire valoir leurs points de vue.

Donner plus de poids aux positions de la profession à l’échelle mondiale

Bon nombre de ces discussions s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à donner plus de poids aux positions de la profession à l’échelle mondiale.

Par exemple, on mobilise constamment des organisations internationales œuvrant dans les domaines de l’assurance, des régimes de retraite, de l’information financière et des politiques publiques. Les liens ainsi établis permettent de s’assurer que les perspectives actuarielles étayent les discussions plus vastes qui déterminent l’évolution des systèmes financiers et des cadres de gestion des risques.

Du point de vue de la DAI, ces travaux jouent un rôle important dans la façon dont l’ICA contribue aux efforts menés à l’échelle internationale, et dont les actuaires canadiens demeurent au diapason de l’orientation générale de la profession.

Pourquoi cela est important pour les membres de l’ICA

Les discussions internationales n’entraînent pas toujours des changements immédiats, mais elles ont un effet déterminant sur l’environnement de travail des actuaires. Cet environnement englobe les normes professionnelles, les domaines de pratique émergents et les attentes communes des administrations.

Cela offre également des occasions de participer, de mettre à profit notre expertise et de garder une longueur d’avance relativement aux grandes orientations de la profession.

À propos de la DAI

La DAI soutient les engagements de l’Institut auprès d’organismes actuariels des quatre coins du globe. Misant sur la collaboration avec des partenaires internationaux, elle veille à ce que les actuaires canadiens aient la possibilité de prendre part aux initiatives mondiales d’orientation de la profession, et à ce qu’ils puissent en tirer parti.

Ses membres se consacrent au renforcement de la présence et des liens de l’ICA sur la scène internationale. Les membres actuels sont Jason Vary (président), Hélène Baril (vice-présidente), Mason Lin, Georgina Montiel, Saygun Aktas, Crispina Caballero, Min Zhang, Jacques Tremblay, Jason Alleyne, Assia Billig, June Smyth, Marco Fillion et Jason Malone.

Jason Vary

Jason Vary, FICA, FSA, président de la DAI, possède plus de 25 ans d’expérience en actuariat. Il est président d’Actuarial Solutions, où il dirige les travaux d’établissement des orientations stratégiques du cabinet et conseille les clients en matière de fonds, d’administration et de comptabilité des régimes de retraite. Il participe activement à des travaux actuariels internationaux par l’entremise de l’AAI afin de concourir à l’avancement de la profession et d’informer les actuaires canadiens au sujet des perspectives qui se dégagent à l’échelle mondiale.

Curtis Simon

Simon Curtis, FICA, est un actuaire chevronné et joue un rôle de premier plan dans le domaine de l’actuariat. Il a acquis une vaste expérience sur la scène internationale. Ancien président de l’ICA, il a fait partie du personnel de la haute direction de sociétés internationales d’assurance vie et de réassurance, notamment à titre d’actuaire en chef mondial et de vice-président directeur. Il participe activement à des travaux actuariels internationaux par l’entremise de l’AAI et contribue à l’élaboration de normes et de directives de portée mondiale.

Micheline Dionne

Micheline Dionne, FICA, est une cheffe de file émérite du domaine de l’actuariat; elle a également été présidente de l’ICA et de l’AAI. Elle a joué un rôle de premier plan dans l’avancement des normes actuarielles mondiales, notamment en dirigeant les travaux d’élaboration de la NIPA 4 et en participant à des initiatives internationales sur les risques climatiques. Au fil de sa carrière dans le domaine de l’assurance vie et de la réassurance, elle a occupé des postes de direction en actuariat, et elle continue de participer activement à l’essor de la profession à l’échelle mondiale.

Jacques Tremblay

Jacques Tremblay, FICA, FSA, MAAA, est associé au cabinet d’actuariat-conseil Oliver Wyman. Il possède plus de 40 ans d’expérience dans le secteur canadien de l’assurance vie. Ancien président de l’ICA, il a acquis à titre de cadre supérieur une expertise englobant des domaines comme la gestion du risque d’entreprise, la modélisation financière de pointe, l’analytique des assurances et la gestion stratégique du capital.